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Dyspareunie, vulvodynie, vaginisme : comprendre les douleurs sexuelles féminines

20 mai
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 mai

J'ai mal pendant les rapports mais mon gynécologue n'a rien trouvé." "On me dit que c'est dans ma tête." "Je me force parce que je ne veux pas décevoir mon partenaire." "Je ne sais même pas comment appeler ce que je ressens."

Si l'une de ces phrases vous parle, vous n'êtes pas seule.

Les douleurs sexuelles féminines sont bien plus fréquentes qu'on ne le dit. Pourtant, elles sont encore souvent diagnostiquées tardivement, minimisées, ou réduites à du stress. Elles ont pourtant un nom. Parfois plusieurs. Et surtout, elles méritent d’être prises au sérieux.



L’objectif de cet article n’est pas de poser un diagnostic à distance, mais de vous aider à mieux comprendre les grands termes que l’on peut rencontrer : dyspareunie, vulvodynie, vestibulodynie, vaginisme, douleurs superficielles, douleurs profondes.



Ce qu'on appelle "douleurs pendant les rapports"


Le terme médical pour désigner les douleurs liées à la sexualité est la dyspareunie.

Il désigne toute douleur ressentie au moment de la pénétration, pendant le rapport ou après.


Mais la dyspareunie n’est pas un diagnostic en soi; c’est un symptôme. Derrière ce symptôme peuvent se cacher des réalités très différentes: tension musculaire, inflammation, pathologie gynécologique, modification hormonale, hypersensibilité, vécu de douleur répété.


C’est pour cela qu’il est important de ne pas tout mettre dans le même sac.



Dyspareunie superficielle ou profonde ?



La dyspareunie superficielle, aussi appelée dyspareunie d’intromission, correspond à une douleur située à l’entrée du vagin, au niveau de la vulve, du vestibule ou du périnée.


Elle apparaît souvent dès le début de la pénétration, parfois même au simple contact: brûlure, sensation de coupure, irritation intense, impression de blocage.


La dyspareunie profonde correspond à une douleur ressentie plus haut, lors de pénétrations profondes. Elle peut donner l’impression d’une douleur dans le bas-ventre, au fond du vagin, vers le col de l’utérus ou dans le bassin.


Elle peut être liée à des causes gynécologiques comme l’endométriose, des kystes ovariens, des adhérences, certaines infections, ou d’autres pathologies pelviennes.


Ce type de douleur nécessite toujours une évaluation médicale, car il peut orienter vers une cause organique qui demande une prise en charge spécifique.


Les deux types de douleurs peuvent aussi coexister chez une même personne. Il est donc possible d’avoir à la fois des douleurs à l’entrée du vagin et des douleurs plus profondes.



La vulvodynie : quand la douleur s’installe dans la vulve



La vulvodynie désigne une douleur chronique de la vulve — le plus souvent à type de brûlures, de picotements ou d'hypersensibilité — sans lésion visible identifiable et sans cause neurologique cliniquement établie.




La vulvodynie peut être localisée à une zone précise de la vulve. Lorsqu’elle touche le vestibule (la zone autour de l’entrée du vagin), on parle de vestibulodynie.

Elle peut aussi être plus diffuse, sur l’ensemble de la vulve.


Elle peut être provoquée par un contact (rapport sexuel, port de vêtements serrés, tampon, position assise prolongée, vélo, frottements, examen gynécologique), ou spontanée, présente même en dehors de tout contact.


Ce qui rend la vulvodynie particulièrement difficile à vivre, c’est qu’elle est souvent invisible. Les examens gynécologiques classiques peuvent être rassurants, et pourtant, la douleur est bien réelle.


“J’avais l’impression d’inventer ma douleur.”

C’est une phrase que beaucoup de femmes concernées ont déjà prononcée, ou pensée très fort.


Le vaginisme : quand le périnée se contracte



Le vaginisme correspond à une contraction involontaire et réflexe des muscles du périnée (les muscles qui entourent le vagin), qui survient à l’approche ou au moment de la pénétration, la rendant douloureuse, difficile ou impossible.


Ce n’est pas un choix conscient.

Ce n’est pas de la frigidité.

Ce n’est pas un manque d’envie.



C’est une réponse automatique du corps: face à quelque chose perçu comme douloureux ou intrusif, le périnée se contracte comme pour se protéger.



Le vaginisme peut être primaire, lorsque la pénétration a toujours été difficile ou impossible.

Ou secondaire — il apparaît après une période où les rapports étaient possibles, souvent après un déclencheur: accouchement, infection, chirurgie, expérience sexuelle douloureuse, stress intense, relation insécurisante ou événement médical.


Le vaginisme s'associe souvent à d'autres douleurs sexuelles. Une femme souffrant de vulvodynie peut développer progressivement une contraction réflexe du périnée, parce que son corps a appris à anticiper la douleur. Les deux se renforcent mutuellement.


Le cercle douleur — peur — contraction


Dans les douleurs sexuelles, les dimensions physiques et émotionnelles se répondent constamment.

Une douleur réelle crée de la peur. La peur crée une contraction du périnée. La contraction aggrave la douleur. Et la douleur renforce la peur.

Le corps apprend. Et parfois, il continue à se protéger même lorsque la situation a changé. C'est pour cela qu'il est important de ne pas opposer "c'est physique" et "c'est psychologique" — dans les douleurs sexuelles, les deux dimensions sont presque toujours entremêlées.



Pourquoi le diagnostic peut prendre du temps


Beaucoup de femmes connaissent une forme d’errance avant de comprendre ce qu’elles vivent. Plusieurs raisons à cela.


D’abord, la honte et le silence: beaucoup n’osent pas en parler, ou le font avec des mots très vagues : “ça me gêne”, “je suis tendue”, “ça brûle un peu”, “je n’aime pas trop les rapports”. Ces phrases ne permettent pas toujours de mesurer l’intensité réelle de la douleur.


Ensuite, certaines douleurs sont invisibles à l’examen classique. Une vulvodynie, une vestibulodynie ou un vaginisme peuvent passer inaperçus si l’on ne recherche pas précisément la douleur, les zones sensibles, les réactions corporelles et l’impact sur la vie intime.


Enfin, ces pathologies restent encore insuffisamment connues et parfois peu explorées en consultation, faute de temps ou d’outils spécifiques sur ces sujets.


Le résultat : des années d'errance, des examens répétés, des traitements inadaptés. Et une souffrance qui s'accumule — physique, mais aussi émotionnelle, relationnelle, et sur la confiance en soi. Ces conséquences méritent un article à part entière.


Ce qu’il faut retenir


Si vous avez mal pendant les rapports, vous n'avez pas à minimiser, à vous forcer, ni à attendre que ça passe. Vous n'avez pas à avoir honte de ne pas savoir nommer ce que vous ressentez.


Les douleurs sexuelles peuvent prendre plusieurs formes — dyspareunie, vulvodynie, vestibulodynie, vaginisme, tensions du périnée — et se combiner. Mettre des mots dessus est souvent une première étape pour sortir du flou et trouver les bons interlocuteurs.


Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, vous pouvez prendre rendez-vous pour une première consultation. Nous prendrons le temps de faire le point ensemble, sans jugement, à votre rythme.

 
 
 

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